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Est-ce le bon Moment pour quitter votre emploi?

24/01/2014

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Il nous arrive à tous d’avoir des «jours sans» au boulot, voire même de longues périodes de découragement. Mais comment faire la différence entre une vague de mécontentement ordinaire et une inadéquation profonde entre notre travail et nos aspirations? Qu’est-ce qui signale que nous sommes réellement prêt à passer à autre chose? Le cas échéant, comment tirer sa révérence avec élégance?

Ce que disent les experts

Quitter un job peut avoir un impact négatif sur votre carrière et perturber votre vie personnelle. Mais rester dans une situation indésirable est parfois pire: «Je rencontre un tas de gens paralysés par le mal-être qu’ils éprouvent dans leur réalité quotidienne », affirme Leonard Schlesinger, président du Babson College et co-auteur du livre«Just Start: Take Action, Embrace Uncertainty, Create the Future». Il est souvent plus facile de ne pas bouger. «La plupart des gens restent trop longtemps dans des jobs qui ne leur correspondent pas ou plus, car le monde de l’entreprise cherche plus à faire rentrer des individus dans des cases qu’à les amener vers leur rôle idéal», note Daniel Gulati, tech-entrepreneur et co-auteur de«Passion & Purpose: Stories from the Best and the Brightest Young Business Leaders». Ne vous enlisez pas. Voici comment décider s’il est réellement temps de partir et, si c’est le cas, comment partir efficacement:

Soyez à l’affût des signaux

Dans un premier temps, cherchez à comprendre si vous manquez d’enthousiasme pour votre job pris au sens large, ou pour les tâches quotidiennesqu’il nécéssite: «Quand les gens me demandent comment ça va sur le plan professionnl, je leur réponds que j’adore mon métier, mais pas forcément tous les jours» dit Schlesinger. Voici quelques signaux indiquant que quelque chose de plus sérieux qu’un mécontentement passager pourrait être en jeu:

- Vous vous jurez tout le temps de partir, mais vous ne le faites jamais. Selon Gulati, ces faux départs sont souvent révélateurs d’un problème sous jacent.

- Vous n’avez pas envie d’être à la place de votre boss. Si vous ne pouvez pas supporter l’idée d’occuper le poste de votre N+1, vous avez sérieusement besoin de vous poser des questions, car «il y a de fortes chances pour que vos collègues plus motivés vous coiffent au poteau, ce qui ne fera qu’augmenter votre mécontentement », prévient Gulati.

- Vous êtes constamment en-dessous de vos objectifs. Si vous passez votre temps à essayer de faire mieux, en vain, il est peut-être temps de vous demander si vous avez le profil requis, ou si votre patron et vos collègues savent apprécier ce que vous avez à offrir. Parfois, prévient Schlesinger, il arrive que nous ayons affaire à une tâche impossible par exemple parce que la masse de travail est trop grande, l’aspect politique trop délicat, les ressources trop faibles ou encore parce que nous ne disposons pas des compétences et l’expérience requises.

Si vous vous sentez concerné par un plusieurs de ces signes, demandez-vous attentivement si le coût de rester à votre poste est raisonnable et acceptable. Il se peut que le «prix de l’acceptation» perte d’opportunité, charge émotionnelle ne vaille pas le coup.

Tâtez le terrain

Pour explorer plus avant le bien-fondé d’un éventuel départ, faites quelques expériences afin de vérifier que votre perception de la situation correspond bien à sa réalité: «Allez parler aux gens et engagez de vraies conversations pour glaner des informations plutôt que de rester assis sur votre chaise à tourner en rond », conseille Schlesinger. N’hésitez pas à demander à votre patron comment vous êtes perçu en interne et ce dont on pense que que vous êtes capable, à moins que ce dernier ne soit pas disposé à ce genre de discussion.

Dans ce cas, Gulati vous conseille de relire vos deux derniers rapports annuels de performances: «Les commentaires vous paraissent-ils valorisants ou décourageants? Si votre performance stagne en dépit de tous vos efforts, il pourrait s’avérer judicieux de partir avant que votre réputation ne se dégrade davantage », dit-il. Une autre manière de vérifier l’existence d’un éventuel problème consiste à vous porter candidat la prochaine fois que votre responsable aura un dossier stratégique à confier. S’il vous ignore, cela signifie peut-être qu’il n’apprécie pas vos compétences et qu’il est temps de bouger.

Evaluez correctement les risques

Avant de prendre votre décision finale, assurez-vous que vous avez bien évalué les inconvénients d’un éventuel départ. Même si vous êtes certain qu’il est temps de bouger, vous courrez des risques en quittant votre job, comme ceux de nuire à des relations existantes, perdre un revenu dont vous avez besoin ou entacher votre CV. Selon Gulati, nous disposons en moyenne de dix opportunités de quitter un emploi dans notre carrière, ce qui se traduit par un départ tous les quatre ans: «Au-delà de cette fréquence, les entreprises verront en vous un zappeur professionnel », dit-il. Cela affectera votre réputation professionnelle et vos chances d’obtenir des emplois dans le futur. «Cela pourrait devenir particulièrement problématique le jour où vous briguez un poste qui vous intéresse vraiment, mais que vous vous retrouviez dans l’incapacité de décrocher un premier contact à cause de votre CV à risques» déclare-t-il.

Partez toujours avec un objectif en tête

Pour minimiser les risques, définissez quelle sera l’étape suivant votre départ. Les deux experts s’accordent à dire qu’il est toujours préférable de partir avec une petite idée de ce qui vous attend ensuite, ou mieux encore avec un plan d’action détaillé. «Nous devrions toujours quitter un poste pour aller vers quelque chose de positif. Il faut résister à la tentation de fuir une situation négative sous le coup de l’émotion. Si vous détestez vraiment ce que vous faites, il est clair que vous devez vous en aller, mais pas avant d’avoir identifié quelque chose que vous avez de bonnes chances d’aimer dans le futur», affirme Gulati. Et Schlesinger d’ajouter: «Ne partez pas sans avoir un projet en tête: il peut s’agir de mener une série d’expériences pour valider vos envies, ou d’implémenter un plan d’actions déjà très abouti». Bien sûr, cela n’est pas toujours possible: «Beaucoup de gens laissent les choses ouvertes, en particulier s’ils sont à l’abri financièrement, ou s’ils ont très envie de prendre du temps pour faire leur introspection », tempère Gulati.

Ne claquez pas la porte brutalement

Il se peut que vous fantasmiez à l’idée de dire à votre patron d’aller se faire f…, mais cela ne vous soulagera qu’à court terme et pourrait bien ruiner votre vie professionnelle: «Rien n’est pire que de quitter une mauvaise situation en mauvais termes. La façon dont on part est aussi importante que la façon dont on arrive», déclare Schlesinger. Discutez de votre décision avec les gens qui comptent dans votre vie: votre épouse, vos enfants, vos amis. Sollicitez l’avis de vos mentors ou patrons précédents. «Le plus important, recommande Schlesinger, est de considérer la chose du point de vue de votre patron et de réfléchir à la façon dont vous communiquerez sur un processus de désengagement qui soit respectueux de la situation». Gulati est d’accord: «Une fois que vous avez décidé de partir et que vous avez déjà une idée de l’échéance, vous devez le faire savoir à votre supérieur immédiat et suivre la procédure».